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La Maison du Tourisme - A découvrir - Le Donjon

Situé sur un tertre à l'origine entouré des eaux de la Brédoire et du Puits de Lusignan, le premier château féodal fut en partie détruit lors des assauts des Anglais et de Du Guesclin. Après avoir été restauré sous le règne de François Ier, il formait un grand corps de bâtiment comprenant trois tours d'angles. Endommagé pendant les guerres de religion et laissé à l'abandon dès la fin du 17° siècle, une grande partie de ses matériaux fut vendue quelques années après la révolution.

La tour qui reste, plus communément dénommée le Donjon, date du 12° siècle. Sa hauteur actuelle est de 22,50 mètres et l'épaisseur des murs de 3,60 mètres. Elle nous donne une idée de ce que dût être l'importance première du Château des vicomtes d'Aunay. Cette tour est visible place Charles de Gaulle.

A l'intérieur
: Musée "Archéoscope" Fouilles du Camp Militaire Romain. Ouvert en juillet et août. Le reste de l'année, sur demande à l'Office de Tourisme.
BIBLIOGRAPHIE : Denis Chapacou

L'histoire de la Vicomté et du Château d'Aunay (D'après Denis CHAPACOU)

La Vicomté
Aux confins du Poitou et de la Saintonge, d'abord viguerie, la vicomté d'Aunay fut créée au 10° siècle. De très nombreux fiefs et terres en dépendaient. Lors du dénombrement de 1412, ses limites s'étendaient de St Julien de l'Escap à Brioux et de Varaize à Fontenille.
Le vicomte d'Aunay était chambellan héréditaire du comte du Poitou. En cette qualité, il signait immédiatement après le comte et gardait le scel qu'on apposait sur les chartes. Après un Maingot, ce furent principalement les Cadelon, les Guillaume, les Mortagne, les Clermont et les de Montbron qui se succédèrent à la vicomté.
Saisie en 1506 à la requête des créanciers d'Eustache de Montbron, la vicomté fut vendue en 1508 à Louise de Savoie. François 1° qui la reçut à titre de succession en 1531, la donna en apanage à son deuxième fils en 1540. En 1563, Marie Stuart, reine de France et d'Ecosse la reçoit en supplément de douaire. Ultérieurement, elle reviendra au roi de France qui l'engagera à plusieurs reprises.

Le Château
Selon la coutume du Poitou, "Tout seigneur qui a comté, vicomté ou baronne est fondé de droit commun par la coustume d'avoir droit de chastel, chastellenie, etc...".
C'est à environ 900 mètres à l'est de l'ancien vicus gallo-romain d'Aunedonnacum que sera érigé au 11° ou 12° siècle, l'imposant castel des vicomtes d'Aunay.
Au confluent de la Brédoire et des eaux du puits de Lusignan, sur un terrain en partie artificiel, de puissantes tours ainsi qu'un imposant rempart devaient lui donner un air assez inexpugnable.
Cependant, en 1346, "Le comte de Derby et ses gens chevauchèrent vers Aunay, conquirent la ville et le chatel." En 1372, malgré une assez forte résistance, Du Guesclin reprend le Château. Compte tenu du mauvais état dans lequel les guerres et le manque d'entretien l'avaient laissé, le château fut restauré et transformé sous le règne de François 1°. A 200 mètres au nord-est se situait la "fuye" composée de 2000 boulins.
Il y avait deux entrées, l'une à l'est, la porte Matha, l'autre à l'ouest, s'ouvrant sur un bras de la Brédoire. De nouveaux assauts guerriers contribuèrent à la destruction du Château.  Au mois d'août 1574, il fut pris par les catholiques du duc de Montpensier. En 1580, par les gens d'armes du sieur Roustin. En 1586, Saint Gelais qui s'était mis sous les ordres du prince de Condé en qualité de Maréchal de camp, fut chargé de prendre les châteaux d'Aunay et Mondevis. L'attaque fut violente et causa de nombreux dommages- un boulet de canon de cette époque a récemment été découvert place Aristide Briand.
Un siècle plus tard, le château était comme abandonné et son emplacement loué pour le pacage des bestiaux. Ultérieurement, en très mauvais état, le château et son pré furent vendus au dernier engagiste. Louis Anne César de Nort de la Massais, conformément à la Loi du 14 Ventôse de l'an II.  Une délibération du 1er Frimaire de l'an IV, demandait la vente et l'enlèvement des matériaux; ce qui fut fait et provoqua l'abaissement du tertre d'environ deux mètres du côté ouest. Heureusement, la destruction ne fut pas totale; la tour qui demeure communément appelée donjon, peut nous donner une idée de l'importance première du Château des vicomtes d'Aunay.
Revendu à Robert Pierre Jacques, curé et Gallard-Lépinay, notaire le 8 thermidor de l'an VIII, la commune en fit l'acquisition suite à une délibération municipale du 20 juin 1810. En 1842, la décision fut prise de construire la Mairie Place du château. A la fin du 19° siècle, la tour était utilisée comme geôle municipale et le local vétuste attenant comme logement de gardien. Ce dernier local fit place à un immeuble neuf pour la Poste en 1905. (actuellement Recette Locale des Douanes).
D'autre part, la place accueillait jusqu'à 2000 animaux lors de certaines foires mensuelles très importantes. C'est le 23 février 1925 que la tour a été inscrite à l'inventaire des monuments historiques, et suite à la délibération municipale du 13 novembre 1970 que la place du château a pris le nom de Place Charles de Gaulle.


Découvertes 1995
Au mois de mai, lors des travaux d'assainissement dans le bourg, il nous a été donné de pouvoir localiser plusieurs vestiges à savoir : une imposante porte dans le rempart. Deux parties de murs. Un canal souterrain entièrement voûté, venant de la Brédoire en amont de la rue de l'Abreuvoir et se dirigeant vers l'intérieur des remparts. Le fond de ce canal se trouve sur toute sa longueur, au même niveau que le fond du lit de la rivière. N'ayant depuis plusieurs siècles aucune issue pour l'écoulement de l'eau, une forte sédimentation a eu lieu. Deux points de visite nous ont permis d'en reconstituer le tracé exact sur une grande longueur.

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